
Spectacle tout public – Le Médecin malgré lui
LE MEDECIN MALGRÉ LUI de MOLIÈRE
La célèbre farce de Molière est revisitée par la Compagnie du Lézard dans un esprit qui révèle au public la vie d’une troupe itinérante au 17°siècle. Chandelles, costumes et postiches donnent au chef d’œuvre de Molière tout son sens burlesque.
Mis en scène par Philippe Vandaële
Avec : Loïc Diquéro, Alice Gingembre, Anne-Sophie Nédélec, Alice Petit, Brice Richard, Philippe Vandaële

La Pièce :
Le médecin malgré lui a été représenté la première fois en 1666 sur la scène du Palais Royal. Cette pièce succède au Misanthrope qui n’avait pas rencontré le succès escompté par Molière. Celui-ci revient donc à ses premières amours : la farce. Cette œuvre majeure du génie dramatique français fut donnée cinquante neuf fois de son vivant, et fut pendant tout le dix-huitième siècle la pièce française la plus jouée.
La vengeance de l’épouse rossée, les bastonnades, les jeux de dupes sont pour les spectateurs de toutes les époques un délice de divertissement.
Résumé de la pièce:
Martine, épouse battue, veut se venger de son mari Sganarelle. Elle rencontre Valère et Lucas, les deux valets de Géronte, qui sont à la recherche d’un médecin capable de guérir la fille de leur maître, atteinte d’une maladie qui l’a rendue muette. Martine imagine de faire passer Sganarelle pour un grand médecin un peu fantasque qui n’accepte de soigner les malades qu’après avoir été roué de coups. Sous la menace des deux valets, Sganarelle avoue, malgré lui, qu’il est médecin et accepte de les suivre.
Respectueux de l’autorité de médecin dans laquelle se drape Sganarelle, Géronte accepte toutes les frasques de celui-ci. Sganarelle en profite pour le battre, courtiser Jacqueline, la nourrice, improviser en prétendu langage savant pour épater son auditoire…
Mais lorsqu’il sort de chez Géronte, il rencontre Léandre, l’amoureux de Lucinde. Celui-ci lui avoue que la jeune fille feint d’être malade pour échapper à un mariage d’argent. Contre une belle somme, Sganarelle accepte d’arranger les choses et déguise Léandre en apothicaire. Mais la supercherie est découverte par Lucas. Les choses risquent de mal tourner pour le prétendu médecin, mais la providence vient à son secours…
L’auteur :
Molière (Jean-Baptiste Poquelin) est baptisé le 15 janvier 1622 à Paris (église Saint-Eustache).
Fils d’un tapissier, Molière fait ses études chez les jésuites avant d’aller étudier le droit à Orléans. Avec Madeleine Béjart, il crée l’Illustre-Théâtre qui est un échec en raison de dettes (en août 1645, Molière est même emprisonné). Cette même année, il quitte Paris pour la province. Il y restera treize ans.
En 1658, il revient à Paris pour jouer Nicomède et Le Dépit amoureux devant le roi. C’est la pièce Les Précieuses ridicules (1659) qui lui apporte la célébrité. Molière obtient du roi la salle du Petit-Bourbon puis celle du Palais-Royal (à partir de 1660) où il remporte de nombreux succès en tant qu’auteur, acteur et directeur de troupe.
Tartuffe, jouée pour la première fois en 1664 à Versailles, pièce dans laquelle il critique l’hypocrisie des faux dévots, fait scandale. La pièce est interdite par le roi sous la pression des dévots qui se sentent visés. En 1665, Dom Juan suscite également des remous. Malgré son succès, la pièce est retirée.
Molière continue cependant de bénéficier de la faveur du roi. Viennent les pièces Le Misanthrope (1666), George Dandin (1668), Le Bourgeois Gentilhomme (1670), L’Avare (1668), Les Fourberies de Scapin (1671), Les Femmes savantes (1672), etc.
Épuisé par le travail et la maladie (il est phtisique), Molière meurt le 17 février 1673 après la quatrième représentation du Malade imaginaire (il jouait le rôle d’Argan).
Entretien avec Philippe Vandaële, metteur en scène du Médecin malgré lui.
Pourquoi monter Le Médecin malgré lui ?
D’abord pour faire découvrir le génie dramatique de Molière aux scolaires. La Compagnie du Lézard s’adresse en priorité aux publics les plus jeunes dans une optique pédagogique autant que ludique. Pour les collégiens, il nous a semblé le texte idéal.
D’autre part, tous les comédiens ont envie de se frotter au maître de la comédie classique et je ne déroge pas à la règle. Les personnages de Molière ont à la fois un aspect caricatural et une justesse dans le trait qui sont très plaisants à jouer pour le comédien. En interprétant Molière, on retrouve un peu nos racines théâtrales, celles du théâtre de rue, un théâtre de tréteaux et de foires.
On peut être charmé par les pièces en vers comme Le Misanthrope ou L’Ecole des femmes, mais pour ma part, j’ai été séduit par l’esprit de la farce que véhicule Le Médecin malgré lui. C’est une pièce de la maturité de Molière ; elle est pour lui comme un retour aux sources de son art, avec une verve et une maîtrise totale du genre.
Le genre de la farce m’intéresse depuis longtemps. J’ai fait ma Maîtrise de Lettres sur la chanson dans les farces du 15ème siècle et j’en garde un souvenir tendre de mes années d’études théâtrales et en même temps un regret. En effet, l’écriture et les thématiques de l’époque rendent le répertoire des farces médiévales difficile à monter car inaccessible au spectateur du XXIème siècle. Mais Molière, lui, s’est nourri de ces textes et il leur a apporté une modernité et un caractère universel et intemporel qui nous parle toujours, à nous, spectateurs contemporains.
Enfin, j’ai toujours eu avec cette pièce un rapport affectif. Jeune comédien, j’avais présenté à François Florent la première scène du Médecin. Cette audition m’a permis d’entrer directement en deuxième année de son école.
Que représente Molière à vos yeux ?
Pour moi, Molière est autant un comédien et un homme de théâtre qu’un auteur dramatique. J’éprouve à jouer ses mots une jubilation de comédien, un plaisir de cabotin ; on ressent le théâtre de rue. Cependant, son génie va bien au-delà de la gaudriole comique, c’est aussi un véritable poète. C’est tangible dans les comédies en vers mais on le ressent aussi dans ses farces. Molière est pour moi celui qui a réussi à concilier trois grandes traditions de théâtre : la farce, la Commedia dell’arte et le poème dramatique. C’est à dire une langue riche, précise et belle. Ses textes sont de formidables matières à jouer et ses mots respirent la scène, transpirent les planches.
Avez-vous fait des coupes dans le texte ou des adaptations pour rendre ce texte plus intelligible aux oreilles des spectateurs contemporains ?
Non, les mots de Molière sont superbes et même si certains archaïsmes de langage peuvent paraître obscurs, le jeu des comédiens, exubérant, généreux, burlesque doit combler les manques de repères sémantiques.
L’esthétique ?
J’ai eu envie de retrouver dans mon dispositif scénique l’esprit du théâtre du XVIIème siècle avec l’éclairage à la rampe imitant les chandelles.
Pour les maquillages, j’ai voulu que les acteurs se fassent des « trognes », presque des masques, pour exacerber l’esprit burlesque de la farce. Nous avons donc opté pour des postiches qui rappellent les masques de la commedia dell’arte ou de manière plus contemporaine, les personnages de bande dessinée ou de cartoon.
